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Le blog de mediation34

Le blog de mediation34

Écoute..., Observation ..., Analyse..., Action...,

Publié le par médiation 34

 

Un couple d’amis de Facebook m’a questionné sur cette fameuse question « Peut-on ne pas être soi-même ? » et m’a demandé de répondre à la cantonade… alors prenez votre souffle, voilà un exposé en la matière

 

« On est fidèle à soi même, et c'est tout » a écrit Jean Anouilh.

Cela implique que nous sommes toujours nous-mêmes, des êtres conscients de ce que nous sommes avec notre propre essence.

Le fait est qu'il est alors paradoxal et contradictoire de dire «je n'étais pas moi-même ». Alors à l'évidence, je ne peux pas être en même temps moi-même et différent de moi-même, tout comme je ne peux être autre que moi-même.

Mais si, d'après notre bon sens, nous ne formons qu'une seule et même personne, alors pourquoi se justifier, comme nous le faisons souvent, en affirmant que nous n'étions pas nous-mêmes lors de nos actes?

 

En effet, peut-on réellement ne pas être soi même ?

La question sous entend qu’ordinairement, nous sommes nous-mêmes. Mais quand et comment suis-je moi même?

Celle-ci présuppose également que parfois, nous manquons de la maîtrise de nous même. Quand ne sommes-nous plus maîtres de ce qu'on fait?

Tout d'abord, nous sommes nous-mêmes lorsque nous avons conscience d'être. Avec Socrate, les stoïciens, et Descartes, l'homme, par sa conscience, étaient un être à part, ayant une parfaite maîtrise de lui-même. Comment expliquer que la conscience de soi soit à l'origine de notre sentiment d'exister donc de notre propre comportement?

La conscience de soi est une représentation, même très simplifiée, de sa propre existence. On parle aussi de conscience réflexive. La conscience constitue le sentiment d'être un moi singulier. Le fait d'avoir conscience de soi fait la spécificité de l'homme, puisque les animaux n'ont pas la conscience d'exister. Parmi tous les caractères définissant l'homme, la conscience apparaît comme le plus essentiel. Par elle, il sait qu'il existe, que le monde autour de lui existe. La conscience est donc ce par quoi le je se constitue comme présence au monde. Par la conscience, je sais que j'existe dans le monde et ce savoir accompagne toute mon existence.

La conscience de soi implique la conscience comme la représentation du monde et des réactions à celui ci, puisque « se connaître » signifie nécessairement « se connaître dans ses rapports au monde ». Quand nous sommes conscients, c'est à une double conscience dont nous avons affaire. La conscience réfléchie consiste à nous percevoir nous même comme percevant de ce que nous vivons au fur et à mesure que nous le vivons. Il y a donc un écart entre moi et ce qui m'entoure, entre le moi et l'objet. En même temps que je prends conscience du monde du fait de la conscience immédiate, je m'en distingue. La conscience est la capacité qui donne à l'homme la capacité de transcender le monde. Le sujet (le moi) s'affirme en s'opposant à tout ce qui n'est pas lui-même. Il y a distinction entre le sujet, qui constitue une identité, un être qu'on reconnaît pour identique en dépit des modifications, et l'objet.

Rappelez vous que Bertrand Russel a dit ceci : « Quand nous disons que nous sommes *conscients* nous voulons dire deux choses : d'une part, que nous réagissons d'une certaine manière envers notre milieu ; d'autre part, qu'il nous semble trouver, en regardant en nous-mêmes une certaine qualité dans nos pensées et nos sentiments, qualité que nous ne trouvons pas dans les objets inanimés ». Nous faisons une différence nette entre les choses qui simplement existent et un être humain qui peut-être conscient du monde environnant et se réfléchir lui-même.

Le mot « conscience » vient du latin « cum scientia » qui signifie « accompagné de savoir » Être conscient, c'est en effet agir, sentir ou penser, et savoir qu'on agit, qu'on sent et qu'on pense. Si le sujet est conscient de lui-même alors il sera S conscience de ce qu'il fait, donc lui-même.

En grattant un peu parmi les anciens, Descartes, l'esprit s'identifiait avec la conscience, avec la pensée claire et distincte. On pouvait avoir accès, par la conscience, à tout ce qui se passe en nous, sans possibilité d'erreur. Le doute et l'esprit critique permettent selon Descartes de découvrir l'existence de sa propre pensée, donc de son existence. On parle du « Cogito ergo sum» cartésien. Si je doute, je pense donc je suis. On déduit donc l'existence par la pensée. La certitude d'existant s'accompagne d'une conscience claire de ma nature d'existant. Je pense, donc je suis conscient d'être. Il affirmera d'ailleurs « Je suis une chose pensante ». Cette conscience d'exister est synonyme de la conscience de soi donc du savoir être soi même.

Aussi, au XVIIIème siècle, s'est développée la question de l'unité de la conscience, notamment avec Kant. Celle-ci repose sur la possibilité d'être identique, d'avoir donc une propre identité. Il écrira : « Grâce à l'unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne ». Les différentes représentations que l'on a sont liées entre elles pour former l'unité de la conscience. Ce fait de conscience permet l'unité de celle-ci, donc l'identité du sujet, et le fait qu'il soit identique tout le temps, donc toujours lui même.  

Nous avons donc vu que la conscience d'exister, permet la conscience de soi, et donc, le fait que l'on puisse être soi même et qu'on ait tous sa propre identité. On a vu qu'il existe dans le sujet humain une capacité de connaître et de contrôler ses pensées et émotions, ses actes et son langage, bref de pouvoir être soi même en ayant conscience d'être soi. Cette capacité se trouve radicalement contestée par l’existence d'un inconscient.

Parfois, nous agissons sous des formes qui nous sont étrangères : C'est l'inconscient.

Nous allons voir que la notion d'inconscient mise à l'honneur par Freud remet en cause la conception classique d'un homme maître de lui grâce à sa conscience. Avant Freud, et certains autres philosophes comme Leibniz avaient déjà montré que la représentation cartésienne du psychisme humain, à savoir constituer de la conscience, était insuffisante.

L'homme serait au contraire déterminé par des forces obscures, auxquelles il ne pourrait pas avoir accès. L'individu est dès lors condamné à méconnaître ce qui le constitue. Il devient incapable de maîtriser le sens réel de ses propres manifestations, donc incapable d'être soi. La théorie Freudienne a donc appris aux êtres humains qu'une grande partie de leur vie psychique leur échappe totalement, et que, dans leurs conduites, leurs opinions, leurs amours, et leurs haines, ils ne disposent pas d'eux. Sa théorie nous renvoie à un état de dépendance à quoi nous condamnent les forces étrangères qui nous gouvernent à notre insu.

Bien que contre dit par certains, selon Freud, l'inconscient occupe les neuf dixièmes de l'appareil psychique et est comme constitué de pulsions qui ne peuvent accéder à la conscience. Notre comportement répondrait à des raisons, des désirs non formulés de façon intelligible, sans que l'on ait conscience de ces choix. Les choix qui pouvaient paraître décidés en fonction d'idéaux moraux se découvraient soumis à d'obscurs déterminismes passionnels (et nous sommes dans l'ignorance des tendances profondes qui motivent nos conduites, nos choix intellectuels et affectifs, nos jugements).

Nous avons, là, des preuves de l'existence de l'inconscient, donc que nous ne sommes pas toujours nous-mêmes dans la vie courante. Parmi ces phénomènes, il y a le rêve, les actes manqués qui se manifestent chez tout homme. Les actes manqués comme le lapsus sont des petits phénomènes qui viennent rompre la continuité des paroles et des actions. Ce sont des "bizarreries" que l'on peut comprendre grâce à l'existence de l'inconscient, donc du fait que nous ne sommes pas totalement nous mêmes. Mais là où l'inconscient se manifeste le plus, c'est la nuit pendant le sommeil. Le rêve est la satisfaction (inconsciente) des désirs. Les rêves sont selon Freud "la voie royale qui mène à l'inconscient". Tout homme rêve, donc l'inconscient est bien actif chez chacun de nous. Dans le rêve, les actes manqués (lapsus, oublis involontaires, pertes ou bris involontaires d'objets), ce sont les lacunes de la conscience qui renseignent sur les désirs inconscients.

On peut donc dire que : l'inconscient dénote tout ce qui n'est pas conscient pour un sujet, tout ce qui échappe à sa conscience spontanée et réfléchie.

L'inconscient n'est pas le seul fait que nous ne sommes pas toujours nous-mêmes. Il arrive souvent que nous dissimulions nos propres sentiments, nos propres intentions. On est alors plus soi même et nous jouons un rôle. La conscience est donc source d'illusions. Toute conscience de soi est virtuellement viciée par la possibilité de la mauvaise foi.

Aussi, parfois, on ne réussit pas à être authentiquement soi. Je n'ai pas le droit d'exprimer le moi ou tout simplement je ne l'ose pas l'exprimer. C'est une problématique sociale : est-ce que la vie en société ne m'empêcherait pas d'être moi- même ? En effet, par désir de plaire aux autres, il arrive parfois qu'on ne se montre pas nous-mêmes, tels que nous sommes vraiment. On a un comportement différent de celui que l'on a habituellement. Ou bien, le manque de liberté ne nous permet pas de l'exprimer totalement.

L'inconscient, la mauvaise foi et la société font que je ne peux pas être toujours moi- même.

Nous l'avons vu, la conscience fait que j'ai cette capacité à être moi-même. En effet, si j'ai conscience d'exister, alors je serais fidèle à moi même. Mais on a également entrevu la possibilité qu'on ne puisse pas toujours être soi même. La conscience, à savoir la représentation cartésienne du psychisme humain n'est pas suffisante pour caractériser le sujet. Il n'est pas seulement déterminé par sa conscience mais aussi par l'inconscient.

D'après Freud, c'est surtout notre inconscient, force mystérieuse à laquelle on obéit qui nous détermine. C'est pourquoi, nous pouvons affirmer que nous ne sommes pas toujours nous même et il arrive à certains moments que ma conscience m'échappe au profit de l'inconscient.

Enfin, brièvement, nous avons perçu que la mauvaise foi et l'influence de la société peuvent entraîner notre incapacité à être tout le temps soi même. Dans ces moments là, on est contraint à être autre que soi même.

 

Texte synthétisé bien que l’on pourrait développer plus avant… mais bon

Michel Glanzmann

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Clovis Simard 07/07/2012

(fermaton.over-blog.com),No-18, THÉORÈME du GUÉPARD. - Objet est-il nécessaire à la Conscience ?

Sybille08 08/01/2014

Et que pensez vous de la non individuation ?
Quand on n'a pas de SOI, qu'on ne vit que par et pour les autres ?

Alors la question : Peut on ne pas être soi même ? rebondit autrement

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